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Témoignage de Julien, volontaire ziniaré 2012

 

En décollant de l’aéroport de Nantes, je voyais s’évanouir les paysages que je connaissais, pour laisser place à un paysage totalement inconnu, celui du Burkina Faso. J’atterris donc à l’aéroport international de Ouagadougou, à un horaire plus qu’approprié (5h40 du matin) – je plains encore le pauvre Olympe qui s’est levé tôt pour venir me chercher. Première émotion – et pas la dernière – en sortant de l’avion : la chaleur et l’humidité impressionnante.
Je rencontre donc celui qui était venu me chercher : Olympe, gentil, accueillant, rassurant, avec une magnifique pancarte « JULIEN MJ-PROCUNAS » (comme dans les films !).
J’embarque donc avec lui, sur sa moto, la valise coincée entre ses jambes et c’est parti pour la première virée dans la capitale. La première image qui me reste encore aujourd’hui est l’immeuble face à l’aéroport dont il ne reste plus que la structure… C’est à ce moment-là que j’ai réalisé, vraiment réalisé que je débarquais dans un monde que je ne connaissais pas. Je suis resté à Ouagadougou 2 jours environ, dans l’objectif de remplir les formulaires au consulat de France, retirer de l’argent… J’ai rencontré Moussa le jour-même si mes souvenirs sont bons, nous avons beaucoup parlé, c’est une personne extrêmement intelligente, d’une gentillesse et d’une prévenance remarquable. Le lendemain, donc, nous partons pour Ziniaré – ville du Président – mais aussi ville où nous étions attendus à l’école de Ziniaré, pour y enseigner le lendemain. Arrivé à Ziniaré, nous aménageons les salles de classes, en réservons deux pour les dortoirs, le reste des classes accueillera les élèves… pour le moins nombreux.
Premier jour de classe, un nombre incroyable d’élèves, inscrits ou non à l’école, venus surtout pour nous voir. Nous avons donc enseigné durant une semaine environ : les élèves sont étonnamment surprenants, vifs… Les cours se déroulent le matin, les activités sportives et en dehors se déroulent l’après midi. Le matin nous enseignons, avec l’aide de la maîtresse, le calcul, le vocabulaire, la conjugaison… J’avais apporté avec moi une carte du monde, je voulais leur faire un peu de géographie. Il faut beaucoup d’énergie pour les canaliser, surtout l’après midi. Mais ce n’est que du bonheur de les voir rigoler, jouer, s’amuser, s’épanouir…
Nous avons fait une interrogation sur tout ce que nous leur avions appris. Le résultat a été plutôt moyen dans l’ensemble, mais quelle joie de voir un élève se rappeler de choses que je lui ai apprise. C’est indescriptible. L’après-midi, nous les faisions se dépenser : balle aux prisonniers, tomates, foot, danses, chansons… et le tout sous un soleil parfois très fort (prévoir un chapeau !). Assez triste en quittant ces élèves que nous avions vu évoluer et auxquels nous nous étions attachés, mais nous poursuivons notre voyage, à Oubri-Yaoghin pour l’action de reboisement. Nous y rencontrons des jeunes burkinabés, de notre âge environ. Je dois avouer que j’appréhendais un peu cette deuxième partie du voyage car l’enseignement était pour moi la partie la plus importante, voulant devenir plus tard enseignant. Je peux vous assurer que je n’ai pas été déçu ! Une super ambiance dès le début, des soirées animées et bien entendu le reboisement : très intéressant de découvrir les parties les plus reculées du Burkina. Incroyable de découvrir des paysages aussi magnifiques que surprenants. Allez de petits quartiers en petits quartiers pour y planter un goyavier, un manguier… Alors petit plus, nous avons eu droit à une petite (euphémisme) inondation ! Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à la moindre goutte que vous sentez, le mieux est de courir, sinon c’est la douche – non pas écossaise – mais burkinabé qui vous attend ! Ce jour-là, il s’est mis à pleuvoir en fin d’après-midi, non stop jusque tard le soir : résultat quelques dégâts, un moral touché durant cet épisode, ô combien désagréable.
Je me suis fait de nombreux amis, Faicol, Octave, Théo, Olympe, Oppo’, Brice, Alice, Moussa bien entendu, et j’en passe de nombreux encore. Arrive le jour du départ : très dur moralement, très très dur… Vous dites au revoir à des personnes exceptionnelles avec qui vous avez vécu pendant presque un mois, cela renforce les liens. Passer les douanes et se retrouver de l’autre côté de la vitre, qui me sépare de Moussa, Oppo, Olympe et Faicol... Une tristesse immense, les larmes qui coulent… Mon dernier regard avant de rentrer dans l’avion, le soleil qui se lève, pour moi une dernière fois. L’avion décolle et de dit un « au revoir » à cette terre, mais certainement pas un « adieu ».
 
julien-auffret[at]hotmail.fr