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Témoignage Mathilde Azen, volontaire Pour une mission de 5 mois

16h10, Aéroport Roissy Charles de Gaulle, 12 Octobre 2013.

Mon avion pour le Burkina décolle. Je ressens à ce moment là de l'excitation, de l'appréhension aussi. Ce n'est pas ma première fois dans ce merveilleux pays., mais cette fois, je me lance dans cinq mois d'aventure.

21h15, arrivée à l'Aéroport de Ouagadougou. Je sors de l'aéroport une heure plus tard, et je fais la rencontre de Moussa, Boris et Abou. Je suis un peu désorientée par le voyage, mais je retrouve avec plaisir les rues animées de Ouaga. Nous voila partis vers la maison dans un rythme endiablé, tout en fêtant la victoire des Etalons face aux Fennecs.

Mes premiers jours se sont passés dans une phase d'adaptation, repérage timide du quartier, connaissance de Moussa, sa femme Rose, et sa sœur Alice. L'accueil est chaleureux, on se sent très vite chez soi, en famille.

J'ai passé mes deux premiers mois dans une école primaire, en CP, à l'école Sainte Mère Thérésa. Il y avait 96 élèves, pour une seule enseignante. J'apportais mon aide à la maîtresse, par exemple, je vérifiais que les devoirs soient fait, j'écrivais les dates sur les cahiers.

Plus les jours passaient, plus je redécouvrais les plaisirs simples, boire dans les sachets d'eau, acheter deux goyaves par-ci, s'installer au kiosque et déguster un thé.

J'ai participé au mois de Décembre, à un stage socio-culturel durant 9 jours, à Doulougou, qui se situe à 60km de Ouaga. Nous avons (avec d'autres volontaires venues pour un mois) organisé un arbre de noël pour les orphelins du village, nous avons participé à un atelier de Djembé, nous avons fêter noël avec la famille de Moussa.

A cause d'un quiproquo je n'ai pas pu effectuer mon deuxième stage au mois de janvier, j'en ai donc profiter pleinement pour sortir faire le « show » dans les maquis, avec Théo, Yacou et Octave, qui sont tous les trois des membres du MJ. Au mois de Février, avec l'aide de Moussa, j'ai pu intégrer le Centre d'Eveil Préscolaire de la Fontaine Dorée (équivalent de nos maternelles), et j'ai fini mes deux mois dans les trois sections de cette petite maternelle. Mon stage consistait à aider les maîtresses, surveiller les enfants lors de leur travaux écrits, ou chanter des chansons.

J'ai pu m'entraîner au moré (dialecte parlé par les Mossis), ce qui amuse les marchands, les voisines de la cour ou je logeais, et je pense que par ce biais là cela crée une complicité avec les gens. Ils sont étonnés de voir une « nassara » s'entraîner au moré car ce n'est pas tous les jours qu'on en croise !;)

La gentillesse de Moussa et sa disponibilité sont un point essentiel lors de votre mission. Vous savez que si vous avez besoin de lui à n'importe quelle heure, il sera disponible, et mettra tout en œuvre pour subvenir à vos besoins. Moussa, c'est aussi une oreille sûre, quelqu'un à qui on peut se confier, autour d'un thé ou d'une sucrerie, on peut lui accorder une confiance profonde. Moussa, c'est celui qui vous intègre dans le pays des Hommes Intègres.

Vous pouvez également compter sur les autres membres du MJ, tout aussi disponibles que Moussa et prêts à vous écouter, vous faire découvrir les plats typiques, l'attieke, le riz et ses nombreuses sauces, les allocos..

Il ne se passe pas un jour sans que je pense aux membres du MJ, qui sont des gens formidables, d'une richesse et d'une diversité admirable. Leur accueil, leur chaleur, leur sens du partage sont des valeurs qui vous rassurent, et qui font que votre mission se passe dans les meilleures conditions.

C'est une équipe exemplaire qui vous accueille, et vous font passer sûrement les meilleurs moments de votre vie.

14 Mars 2014, retour pour Paris. Ah non, faux départ, avion loupé, départ trois jours plus tard.

17 Mars 2014, le « vrai » retour est arrivé. Enfin, un « retour » si l'on puis dire, car on ne part jamais vraiment de Ouaga et de notre quartier. Nos meilleurs souvenirs sont ancrés là-bas, et on sait que le retour sera bientôt transformé en un nouveau départ vers ce pays, du moins, on l'espère de tout son coeur. Le retour est un moment déchirant, on sait quand on part mais jamais quand on revient. On laisse derrière nous des personnes géniales, auxquelles on s'est attachés pendant des mois.

Je n'oublierai jamais cette expérience, la plus enrichissante en ce qui concerne les vingts premières années de ma vie.